Née à Paris en 1968, Béatrice Roger-Liaudet passe son enfance en Australie, où les grands espaces et les lumières de l’hémisphère Sud marquent durablement son regard. Très tôt, la couleur devient son langage. Elle développe une sensibilité visuelle qui ne cessera de nourrir sa pratique.

Ses nombreux voyages à travers l’Europe, l’Afrique et l’Asie — ainsi que deux retours en Australie — viennent élargir son imaginaire et enrichir sa palette.

Ses études supérieures commencent à l’atelier Met de Penninghen à Paris, puis à l’ESAG (École Supérieure d’Arts Graphiques devenue Penninghen), dont elle sort diplômée en 1992. Elle complète ce parcours par un DEUG d’histoire de l’art à la Sorbonne, ajoutant à sa pratique une profondeur théorique et une culture du regard.

Depuis plus de trente ans, elle travaille exclusivement au pastel à l’huile, médium qu’elle explore avec rigueur et liberté. Sa recherche formelle, patiente et intuitive, se déploie entièrement dans cette matière singulière. Ses œuvres figurent aujourd’hui dans de nombreuses collections privées, en France comme à l’étranger.

Sa vie d’artiste à Paris se tisse intimement avec sa vie de femme, entre ateliers parisiens, expositions de ses oeuvres, et éducation de ses enfants. Un syndrome de Sheehan (nécrose de l’hypophyse) vient bouleverser son quotidien, affectant son corps, son énergie et son rythme de création. Elle poursuit son travail, portée par des élans créatifs, la maternité et les ajustements imposés par la maladie.

Sa peinture témoigne d’une tension constante entre force vitale et fragilité, entre vie et esprit, entre saturation de la couleur et silence des formes. Chaque couche de pastel, chaque sillon creusé, inscrit la mémoire du geste. Un travail dense, viscéral, engagé dans le temps long.