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2026 - Année de merde

Par Bertrand Liaudet, janvier 2026 -> Retour aux fusées hybrides

Bois Monde

Burning light . 2004 . Béatrice Roger-Liaudet ©

2026 : encore et déjà une année de merde.

23, 24, 25 : trois années consécutives autour de +1,5 °C. Ce n’est pas un accident. C’est un régime. Les accords de Paris sont de nouveau rejetés par Trump. De toutes façon, ils sont déjà dépassés.

Nous ne sommes pas dans les années 1930 — et pourtant la comparaison revient sans cesse. Elle est trompeuse.
Dans les années 1930, l’ensauvagement était partout dans la population occidentale. Il venait d’abord de la Première Guerre mondiale : une boucherie industrielle entre Européens. Il fut accentué par une crise économique systémique.
Mais surtout, la crise procèdait d’une contradiction déjà ancienne : un modèle politique se disant démocratique et universaliste, mais adossé dans les faits à un monde colonial, raciste et sexiste.
Cette contradiction a produit des réponses politiques radicales : communiste et fasciste. Tentatives — émancipatrices ou monstrueuses — de résoudre une crise interne au monde moderne.

En 1914, la crise était donc déjà là.
L’Europe s'est fait la guerre à elle-même. La responsabilité, en tant que cause efficiente, est venu du pays le plus avancé intellectuellement, et socialement : l’Allemagne, de Leibniz, Kant, Hegel, Marx, Humboldt, Nietzsche, Frege, Planck, Einstein, Beethoven, Schubert, Wagner, Goethe, Mann, et tant d'autres phares occidentaux.
Et en 1914 a commencé l'autodestruction d’une civilisation incapable de penser ses propres contradictions.
Cette autodestruction s'est arrêtée en 1945, mais surtout avec la fin du racisme légal avec les décolonisations, et la fin de la domination masculine légal avec la libération des femmes.
Mais dans le même temps nous avons continué et même accéléré massivement la destruction de notre environnement, sans contradictions ou si peu, car les fondations de l'autodestruction (maître et possesseur de la nature) n'ont pas été mises en cause.

En 2025, la crise est de nouveau là, comme en 1914.
Nous ne sommes plus ni racistes, ni sexistes - de jure sinon de facto -, mais nous sommes spécistes. Et colonialistes : non plus du voisin, mais de la planète entière. Nous pensons et nous agissons toujours comme maitre et possesseur de la nature, maitre et possesseur de tout l'écosystème global.

Pourtant, La domination de la planète et du vivant mène nécessairement à un effondrement écosystémique qui mènera tout droit à l'effondrement de nos civilisations.
Et la domination du vivant mène tout aussi nécessairement à la domination entre humains, donc à la misère, puis à la guerre — car les ressources ne sont pas infinies.

Le poisson pourrit toujours par la tête.
La guerre ne se fera pas d'abord contre la Chine, la Russie ou l'Iran.
Elle se fera d'abord entre nous - les Occidentaux maitres et possesseurs de la nature - contre les Etats-Unis qui ont déjà viré fascistes.

Année de merde.

Vivement 2027.