Contexte
Prix DENFERT - 17 septembre 2019
Tricaud Avocats - Cabinet d'Avocats Pénalistes
4, Place Denfert-Rochereau
75014 Paris
Depuis 1995, le cabinet Tricaud a organisé dans ses locaux des expositions-ventes trimestrielles
d’artistes
plasticiens.
En 2019, après 92 expositions-ventes, il lance un concours auprès des artistes ayant exposé
dans ses locaux sur le thème IN’JUSTICE.
Les œuvres primées sont vendues aux enchères lors du vernissage, suivi d’une exposition de trois
mois.
Dreamers, œuvre de Béatrice Roger-Liaudet réalisée spécifiquement pour l’occasion, remporte le
premier prix.
Intention et démarche
Dreamers interroge les liens entre justice climatique et justice sociale en représentant notre
écosystème global tourmenté, grâce à une technique originale de monotypes au pastel à l’huile,
où hasard et fragilité expriment la contingence des écosystèmes.
Le titre de l’œuvre renvoie aux « Dreamers » — ces migrants menacés par la politique de Donald Trump en 2017
— et à l’accord de Paris sur le climat de la COP 21, rejeté la même année et de nouveau en 2025 : deux formes d’injustice étroitement liées.
Il évoque aussi plusieurs imaginaires : le rêve américain - prolongement du projet moderniste de domination de la nature -,
le rêve antiraciste de Martin Luther King (I have a dream),
et le Dreamtime aborigène qui nourrit la démarche générale de l'artiste.
Dispositif technique et symbolique
L’œuvre est réalisée selon la technique M.R.I.E : c’est un diptyque de 2 monotypes, le
révélé et l’impression.
Le hasard joue un rôle essentiel. La contingence qu’il introduit devient vecteur de sens
: elle exprime la fragilité des environnements et des civilisations.
Le diptyque symbolise une dynamique de réciprocité — l’un crée l’autre et réciproquement
—, suggérant d’une part la tension entre la binarité de l’esprit et la ternarité du vivant, et
d’autre part la co-production du vivant et de son environnement
Le motif - par sa verticalité, ses strates, sa circularité et son tourbillon -
évoque à la fois les écosystèmes locaux et l’écosystème global : Gaïa (autrement dit l'écosphère). Dans
l’impression (le monotype à fond blanc), les motifs de la base et ceux autour du cercle
renvoient à la présence humaine dans ces écosystèmes.
Enfin, la palette renforce la symbolique : nuit et eau d’un côté, jour et glace de
l’autre.
Context
DENFERT Prize – September 17, 2019
Tricaud Avocats – Criminal Law Firm
4, Place Denfert-Rochereau
75014 Paris
Since 1995, Tricaud Avocats has organized quarterly exhibitions and sales of visual artists on its premises.
In 2019, after 92 exhibitions and sales, the firm launched a competition for artists who had previously exhibited there, on the theme IN’JUSTICE.
The winning works are auctioned off during the opening, followed by a three-month exhibition.
Dreamers, a work by Béatrice Roger-Liaudet created specifically for the occasion, won first prize.
Intention and Approach
Dreamers explores the links between climate justice and social justice by depicting our tormented global ecosystem through an original technique of oil pastel monotypes, where chance and fragility express the contingency of ecosystems.
The title of the work refers both to the “Dreamers” — migrants threatened by Donald Trump’s policies in 2017 — and to the Paris Climate Agreement (COP21), rejected that same year and again in 2025 : two closely related forms of injustice. It also evokes several imaginaries: the American Dream — an extension of the modernist project of domination over nature —, Martin Luther King’s anti-racist dream (I have a dream), and the Aboriginal Dreamtime, which deeply informs the artist’s overall approach.
Thus, Dreamers is part of a broader reflection on environmental justice, on the narratives that shape our relationship to the world, and on the material and living reality of that world.
Technical and Symbolic Framework
The work is created using the MR2I technique: it is a diptych composed of two monotypes — the revealed and the impression.
Here, chance plays a key role. The contingency it introduces becomes a vehicle for meaning: it expresses the fragility of environments and civilizations.
The diptych symbolizes a dynamic of reciprocity — each one creates the other and vice versa — suggesting, on one hand, the tension between the binarity of the mind and the ternarity of the living, and on the other, the co-production of living beings and their environment.
The motif — through its verticality, layers, circularity, and vortex — evokes both local ecosystems and the global ecosystem: Gaia (in other words, the ecosphere). In the impression (the monotype on a white background), the motifs at the base and around the circle allude to the human presence within these ecosystems.
Finally, the color palette reinforces the symbolism: night and water on one side, day and ice on the other.